2026 : l’Europe risque d’importer du bois illégal camerounais malgré ses nouvelles règles

À quelques mois de l’entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation, un rapport international estime que le Cameroun reste incapable d’identifier les véritables propriétaires des concessions forestières. Une faille majeure qui pourrait fragiliser les ambitions environnementales de l’Union européenne.

À quelques mois de l’entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation, un rapport international estime que le Cameroun reste incapable d’identifier les véritables propriétaires des concessions forestières. Une faille majeure qui pourrait fragiliser les ambitions environnementales de l’Union européenne.

Le futur règlement européen contre la déforestation, qui entrera en vigueur en décembre 2026, pourrait déjà montrer ses limites. C’est l’avertissement lancé par la Coalition pour la Transparence Financière (FTC) dans un rapport publié le 26 mai 2026 sur le Cameroun et le Brésil.

Selon l’étude, le principal obstacle ne réside pas seulement dans l’exploitation illégale des forêts, mais surtout dans l’opacité des propriétaires réels des entreprises forestières. Les chercheurs expliquent qu’au Cameroun, les données disponibles permettent parfois d’identifier les concessions forestières et les sociétés exploitantes, mais pas les individus qui contrôlent réellement ces entreprises.

Cette absence de transparence compliquerait considérablement l’application du règlement européen sur la déforestation importée, censé empêcher l’entrée sur le marché européen de produits issus de forêts détruites illégalement.

Le rapport souligne une autre contradiction : des entreprises sanctionnées pour commerce illicite du bois continueraient d’obtenir des permis d’exploitation au Cameroun. Certaines exporteraient ensuite vers l’Europe, pourtant engagée dans la lutte contre le bois illégal.

Pour les auteurs, les chaînes d’approvisionnement internationales restent trop opaques. Les sociétés écrans et paradis fiscaux empêchent de retracer les profits générés par la destruction des forêts tropicales.

L’étude appelle donc les États importateurs, notamment européens, à exiger des registres publics des bénéficiaires effectifs dans le secteur forestier. Elle recommande également la publication systématique des sanctions environnementales et des données sur les concessions.

Au-delà des enjeux commerciaux, la FTC estime que cette opacité menace aussi les objectifs climatiques mondiaux. Les forêts du bassin du Congo constituent en effet l’un des principaux puits de carbone de la planète.

Dans ce contexte, le Cameroun se retrouve sous pression. Le pays devra convaincre ses partenaires internationaux de sa capacité à renforcer la gouvernance forestière, au risque de voir ses exportations de bois davantage contrôlées ou limitées sur certains marchés.

Boris NGOUNOU

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