Exploitation minière en eaux profondes : une industrie au bord du naufrage

L'industrie minière en eaux profondes vacille ! Alors que la 30ᵉ session de l'Autorité internationale des fonds marins se tient du 17 au 28 mars 2025 en Jamaïque, la pression monte contre The Metals Company, qui veut forcer l’ouverture de cette exploitation controversée. Mais face à la méfiance des gouvernements en raison des risques de pollutions massives, le manque de financements et les échecs techniques, ce secteur semble condamné à couler avant même d’avoir réellement émergé.

L’industrie minière en eaux profondes vacille ! Alors que la 30ᵉ session de l’Autorité internationale des fonds marins se tient du 17 au 28 mars 2025 en Jamaïque, la pression monte contre The Metals Company, qui veut forcer l’ouverture de cette exploitation controversée. Mais face à la méfiance des gouvernements en raison des risques de pollutions massives, le manque de financements et les échecs techniques, ce secteur semble condamné à couler avant même d’avoir réellement émergé.

En contraste frappant avec l’approche reposant sur les travaux scientifiques de Carvalho, la délégation des États membres du Conseil de l’AIFM se voit contrainte de faire face à la menace de The Metals Company (TMC) de soumettre en juin la toute première demande d’exploitation minière en eaux profondes dans les fonds marins internationaux sans aucune règle ou réglementation en place. En l’absence d’un code minier, TMC cherche à obtenir des garanties réglementaires de la part des gouvernements lors de cette réunion, les pressant de mettre en place un cadre leur permettant de lancer le démarrage de l’exploitation minière en eaux profondes malgré les résistances croissantes. 

Louisa Casson, chargée de campagne à Greenpeace International, présente à Kingston, a déclaré : « L’industrie de l’exploitation minière en eaux profondes s’effondre et recourt à des tactiques de plus en plus désespérées à mesure qu’elle perd le soutien des gouvernements et des investisseurs. Les dernières semaines ont montré à maintes reprises que les entreprises ne sont pas à la hauteur de l’enthousiasme qu’elles ont suscité et qu’elles réduisent leurs projets avant même qu’ils n’aient démarré. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour que les gouvernements prennent des mesures décisives afin de protéger les océans de cette industrie fragile et risquée ».

Le secteur de l’exploitation minière en eaux profondes est confronté à d’importants défis :

–              manque de soutien financier,

–              indisponibilité des navires et retards dans la construction des équipements

–              résultats des tests d’exploitation qui ne confirment pas les affirmations de l’industrie selon lesquelles l’exploitation est peu dommageable ,

–              méfiance croissante à l’égard de sa viabilité,

–              nouvelles compositions chimiques des batteries qui réduisent la dépendance aux minéraux trouvés en eaux profondes [4],

–              preuves de plus en plus nombreuses que l’ouverture de la frontière océanique n’arrêtera ni ne réduira l’exploitation terrestre du nickel et du cobalt, et de l’improbabilité d’obtenir le feu vert des gouvernements de l’AIFM pour l’exploitation.

Pour tenter de réduire ses pertes, TMC a renoncé au début de l’année à un tiers de ses zones d’exploration pour l’exploitation minière en eaux profondes dans le nord-est de l’océan Pacifique, autre signe d’un secteur en perte de vitesse.

Parallèlement à la menace de la toute première demande d’exploitation minière commerciale, les entrepreneurs de l’exploitation minière en eaux profondes ont envoyé une lettre commune au conseil de l’IAIFM pour se plaindre d’avoir dépensé 2 milliards de dollars alors que les gouvernements n’ont pas encore finalisé le code minier. Cette lettre a été vigoureusement contestée par les représentants et représentantes autochtones siégeant à l’AIFM.

Louisa Casson a ajouté : « Les entreprises d’exploitation minière en eaux profondes semblent ne pas comprendre le rôle de l’AIFM. Les gouvernements ne sont pas réunis ici pour protéger les intérêts des entreprises, mais pour coopérer sur la manière de préserver les océans pour les générations futures. La seule façon de répondre de manière responsable à ces menaces dangereuses est de mettre en place un moratoire ».

Trente-deux gouvernements se sont opposés au démarrage de l’exploitation minière en eaux profondes et ont appelé à un moratoire auprès de l’Autorité internationale des fonds marins en 2025.

Greepeace Afrique

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