Bafoussam : ERD et la famille Wouembe Nteh redonnent vie à une forêt sacrée avec 200 arbres

Face à l'urbanisation galopante qui assèche les sources d'eau et grignote les forêts sacrées du Royaume Bafoussam, la concession familiale Wouembe Nteh a lancé, avec l'appui technique de l’Organisation Environnement Recherche et Développement (ERD) (https://erdcameroun.org), un projet pilote de restauration écologique qui fait partie de son « Programme de réhabilitation des forêts sacrées de Bafoussam : préserver la biodiversité pour pérenniser l’identité culturelle et les traditions locales ». Au total, 200 plants de sept essences locales ont été mis en terre sur ce site chargé d'histoire et de culture, grâce au fonds propre d'ERD. Au-delà du reboisement, l'initiative ambitionne de protéger la biodiversité, préserver les savoirs ancestraux et servir de modèle pour d'autres forêts sacrées du Cameroun.

Face à l’urbanisation galopante qui assèche les sources d’eau et grignote les forêts sacrées du Royaume Bafoussam, la concession familiale Wouembe Nteh a lancé, avec l’appui technique de l’Organisation Environnement Recherche et Développement (ERD) (https://erdcameroun.org), un projet pilote de restauration écologique qui fait partie de son « Programme de réhabilitation des forêts sacrées de Bafoussam : préserver la biodiversité pour pérenniser l’identité culturelle et les traditions locales ». Au total, 200 plants de sept essences locales ont été mis en terre sur ce site chargé d’histoire et de culture, grâce au fonds propre d’ERD. Au-delà du reboisement, l’initiative ambitionne de protéger la biodiversité, préserver les savoirs ancestraux et servir de modèle pour d’autres forêts sacrées du Cameroun.

La forêt sacrée de la grande concession Wouembe Nteh, dit « Forêt sacrée Wouembè Ntéh » dans le Royaume Bafoussam, va reprendre progressivement vie. Samedi 27 juin 2026, familles, jeunes, femmes et enfants se sont retrouvés autour d’une même ambition : restaurer un espace forestier autrefois riche en biodiversité et source d’eau propre jaillissant abondamment du sol, mais fragilisé par l’urbanisation croissante due à la pression démographique et l’expansion des terres agricoles. L’opération conduite avec l’accompagnement technique de l’organisation ERD a permis la plantation de 200 arbres de sept (07) espèces locales différentes, sélectionnées pour leur intérêt écologique, culturel et économique. Ce projet pilote est né à la suite d’une étude scientifique sur les chauves-souris dans les forêts sacrées du Royaume Bafoussam, qui a mis en évidence la dégradation continue de leurs habitats naturels.

Pour Ta’a Wouembe Nteh, Chef de la concession et détenteurs de la tradition, cette restauration répond à une urgence autant environnementale que culturelle. « Dans le temps, au fond de la concession familiale, il y avait une forêt et un point d’eau. Aujourd’hui, avec les constructions et l’érosion, la source est presque tari ». En associant les jeunes et les enfants aux travaux, il espère transmettre un héritage. « S’il n’y a plus d’arbres, s’il n’y a plus de forêt sacrée, alors la culture qui se passait sous les pieds de l’arbre va se passer où ? », s’interroge-t-il. Même analyse chez Jean Michel TAKUO, Coordonnateur du Programme, qui voit dans cette action un signal fort : « Planter un arbre, c’est protéger le sol, mais c’est surtout penser à ceux qui viendront après nous. Nous voulons sauver à la fois la coutume, la culture et l’environnement ». Selon lui, la disparition des sites sacrés menace également les espèces emblématiques de la région ainsi que les services écosystémiques qu’elles rendent.

Les espèces plantées

EspèceNom scientifiqueNombre de plants mis en terre
01BitakolaGarcinia kola25
02SafoutierDacryodes edulis25
03CorossolierAnnona muricata15
04QuinquélibaCombretum micranthum15
05MoabiBaillonella toxisperma15
06ÉbèneDiospyros spp.55
07RaphiaRaphia farinifera50
Total200

Au-delà de la plantation, l’Organisation ERD prépare déjà la suite. Son président, Guy Alain TAGNE TIAM, annonce un dispositif de suivi qui va bien au-delà de l’entretien des jeunes plants. « Le premier défi d’un reboisement réussi n’est pas de planter, mais de garantir la survie des arbres ». L’organisation prévoit un suivi écologique, la création d’un comité de vigilance, la valorisation d’activités génératrices de revenus comme l’apiculture et l’exploitation durable des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL), ainsi qu’un important travail de transmission des savoirs traditionnels. « Le jeune qui aura appris la valeur sacrée d’un arbre et qui en tirera un revenu grâce à l’apiculture ne coupera jamais cet arbre. Il en deviendra le premier gardien ».

IndicateurValeur
Nombre total de plants mis en terre200
Estimation de la superficie couverte0,9 ha
Espèces plantées7
Durée de préparation du site3 jours
Couches sociales mobilisées dans la CommunautéFemmes, hommes, jeunes et enfants

Pour ERD, le site de Wouembe Nteh n’est qu’un début et un site pilote. Financé sur fonds propres, ce projet servira de laboratoire avant un passage à plus grande échelle. L’organisation entend solliciter la Rufford Foundation comme par le passé (https://www.rufford.org/projects/takuo-jean-michel/conserving-bat-of-bafoussam-cameroon-west-region-sacred-forest-through-community-awareness-raising), afin d’ouvrir d’autre champs d’action notamment dans les forêts sacrées de l’Ouest en général, du Nord-Ouest et d’autres régions du Cameroun. «Forêt sacrée Wouembè Ntéh  est une pépinière de solutions. Nous voulons transformer le respect des ancêtres en un puissant levier d’action climatique nationale », résume Guy Alain TAGNE TIAM. Derrière les 200 arbres plantés, c’est donc une autre idée de la conservation qui prend racine : celle où la science, la tradition et les communautés avancent ensemble.

Boris NGOUNOU

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