Forêts 2026 : +5 000 % d’expansion minière à l’Est du Cameroun

À l’occasion de la Journée internationale des forêts 2026, Greenpeace Afrique a mobilisé à Yaoundé acteurs publics, société civile et communautés locales autour du thème « Forêts et économies ». Entre chiffres inquiétants, témoignages poignants et plaidoyer pour des réformes urgentes, l’événement a mis en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur les forêts du Cameroun et du Bassin du Congo.

À l’occasion de la Journée internationale des forêts 2026, Greenpeace Afrique a mobilisé à Yaoundé acteurs publics, société civile et communautés locales autour du thème « Forêts et économies ». Entre chiffres inquiétants, témoignages poignants et plaidoyer pour des réformes urgentes, l’événement a mis en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur les forêts du Cameroun et du Bassin du Congo.


Au Cameroun, les signaux d’alerte se multiplient. En 14 ans, la superficie minière dans l’Est du pays a connu une hausse spectaculaire de 5 000 %, passant de 82 hectares en 2010 à plus de 4 600 hectares en 2024, avec à la clé une perte estimée à près de 270 000 hectares de forêt primaire. Ces chiffres, révélés lors de la mobilisation organisée à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), traduisent l’ampleur des pressions exercées sur les écosystèmes forestiers, pourtant essentiels à la régulation du climat et à la sécurité alimentaire.

Sur le terrain, les communautés locales paient le prix fort de cette dégradation. Accaparement des terres, raréfaction de l’eau et disparition des espaces agricoles compromettent leur survie. « Nous n’avons plus accès à la terre… même pour boire, il faut parcourir des kilomètres », déplore Félicité Ngon Bissou, présidente de l’Association des femmes riveraines de la Socapalm d’Edéa. Elle décrit une situation qui « ne fait que s’empirer », marquée par la perte progressive des repères et des moyens de subsistance pour les populations.

Face à cette réalité, Greenpeace Afrique appelle à une relecture du lien entre forêt et économie. Pour l’organisation, l’exploitation forestière actuelle profite peu au développement local et reste déséquilibrée. « Si on veut que les forêts contribuent réellement à l’économie, il faut garantir la sécurité foncière des communautés et leur accès aux financements », explique Stella Tchoukep, chargée de la campagne forêt. Elle insiste également sur l’importance d’appliquer effectivement l’interdiction d’exportation du bois en grume afin de renforcer la transformation locale et la valeur ajoutée.

Au-delà du constat, l’événement a permis de formuler des attentes claires envers les autorités et les agro-industries. Greenpeace Afrique plaide pour des réformes urgentes : sécurisation des droits fonciers coutumiers, moratoire sur les projets destructeurs dans les zones sensibles, accès équitable aux financements climat et promotion de l’agroécologie. Pour l’organisation, la protection des forêts passe désormais par une approche inclusive, où les communautés locales deviennent des acteurs centraux d’un modèle de développement durable.

Boris Ngounou

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