Début août 2026, soit plus de sept mois après le début de l’exercice, le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) a rendu publique la liste officielle des navires autorisés à pratiquer la pêche industrielle côtière au Cameroun pour l’année 2026. Le document recense 28 navires appartenant à plusieurs armements nationaux et étrangers. Cette publication intervient dans un contexte de renforcement de la transparence dans la gouvernance des pêches, alors que le pays s’efforce de lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et de respecter ses engagements internationaux.
La liste publiée par le MINEPIA autorise 28 navires à exercer la pêche industrielle côtière en 2026. Elle est dominée par les flottilles Runtai (7 navires), Hong Da (8 navires), Chang Long (7 navires), auxquelles s’ajoutent Agia Eleni, Jonathan, Panagia Malevi, Port Life et le nouveau navire Axiome I. Les principaux armements bénéficiaires sont Dimarphel Shipping SARL, ASA Global Services, Boukagne Bertin, Nganko Jean Marie, Gulf Fisheries S.A. et SIPECAM S.A. Bien que cette publication intervienne tardivement, elle permet enfin de connaître les navires légalement autorisés à exploiter les ressources halieutiques camerounaises en 2026, une information essentielle pour les autorités de contrôle, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux.
La comparaison avec la liste provisoire de 2025 montre une continuité de la flotte industrielle. Les séries Chang Long, Runtai, Hong Da, ainsi que les navires Agia Eleni, Jonathan, Panagia Malevi et Port Life conservent leur licence. En revanche, Hong Da 1 disparaît de la liste 2026 et est remplacé par Hong Da 16, tandis qu’Axiome I fait son entrée parmi les navires autorisés, portant le total de 27 navires en 2025 à 28 en 2026. Cette évolution témoigne d’un renouvellement limité de la flotte, tout en confirmant le maintien des principaux armateurs déjà actifs sur les côtes camerounaises.
Au-delà de son intérêt administratif, cette publication constitue un signal important pour la transparence dans la gouvernance des pêches. La mise à disposition de la liste des navires licenciés facilite les contrôles en mer, le suivi des activités de pêche et l’identification des navires opérant légalement. Elle intervient alors que la pêche INN continue de coûter chaque année plusieurs dizaines de milliards de francs CFA au Cameroun, selon différentes estimations internationales, en privant l’État de recettes fiscales et en fragilisant les ressources halieutiques. Elle s’inscrit également dans la mise en œuvre des engagements pris par le Cameroun en faveur d’une gestion plus transparente des océans, notamment son soutien à la Déclaration de Mombasa, adoptée lors de la Our Ocean Conference organisée en juin 2026 au Kenya, qui appelle les États à renforcer la transparence, la traçabilité et la lutte contre la pêche illégale dans les eaux africaines.
Boris Ngounou


