Pavillon camerounais éclaboussé : le scandale du Sky White relance la polémique sur la pêche INN

Le navire camerounais Sky White, immatriculé en février 2024, a été radié le 19 août dernier pour pêche illicite et transport de stupéfiants. Le bateau de type remorqueur a été intercepté au large des Canaries en possession de plus de 3 tonnes de cocaïne. Aucun membre de l’équipage n’étant camerounais, ce scandale jette une lumière crue sur le fléau des pavillons de complaisance et la pêche illégale qui continuent de ternir l’image du pays d’Afrique centrale au niveau international.

Le navire camerounais Sky White, immatriculé en février 2024, a été radié le 19 août dernier pour pêche illicite et transport de stupéfiants.  Le bateau de type remorqueur a été intercepté au large des Canaries en possession de plus de 3 tonnes de cocaïne. Aucun membre de l’équipage n’étant camerounais, ce scandale jette une lumière crue sur le fléau des pavillons de complaisance et la pêche illégale qui continuent de ternir l’image du pays d’Afrique centrale au niveau international.

Le navire Sky White, battant le pavillon camerounais, a officiellement été radié du registre national le 19 août 2025, selon un document transmis par le ministère des Transports. Le bateau, inscrit comme navire de pêche depuis février 2024, était sous surveillance pour son implication présumée dans un réseau de trafic opéré depuis le Maroc. Intercepté le 14 août 2025 au large des Canaries, il transportait plus de 3 tonnes de cocaïne réparties en 80 paquets. L’opération, menée en collaboration avec les marines espagnole, marocaine et américaine, a conduit à l’arrestation de cinq membres de l’équipage, constitué d’un vénézuélien et de quatre bangladais.

Ce cas illustre la vulnérabilité persistante du système camerounais dans la délivrance des licences et la gestion des pavillons. Selon l’Environmental Justice Foundation (EJF), le Cameroun a attribué plus de 200 licences à des navires de divers types, dont une majorité détenue par des armateurs étrangers. Ce laxisme a valu au pays un carton rouge de l’Union européenne en 2021. Un carton rouge renforcé en janvier 2023 par une décision les autorités européennes, suspendant jusqu’à nouvel ordre, l’importations de produits halieutiques provenant du Cameroun.

Cette dérive soulève des questions cruciales sur l’intégrité du pavillon camerounais. Un rapport de Windward révèle que la flotte camerounaise a connu une croissance vertigineuse entre 2018 et 2020 : avec plus de 75 nouveaux navires immatriculés, dont de nombreux tankers, elle affiche un risque de conformité élevé, avec près de 42 % des nouveaux navires présentant des comportements jugés douteux avant même d’être sanctionnés.

IndicateurValeur estimée
Navires licenciés (divers types)> 200
Nouveaux navires enregistrés (2018–2020)> 75
Pourcentage à risque élevé (comportements suspects)42%
Voici un aperçu chiffré du pavillon camerounais

L’affaire Sky White n’est pas un simple incident policier. Elle intervient alors que le Cameroun tente de normaliser ses pratiques en matière de pêche durable. Le pays a en effet adhéré le 29 avril 2025, lors de la 10e conférence Our Ocean à Busan, en Corée du Sud, à la Global Charter for Transparency in Fisheries, qui promeut une transparence accrue dans les licences, le suivi des navires et l’identification des propriétaires bénéficiaires. Mais sans réformes ambitieuses et une supervision rigoureuse, le risque demeure que le pavillon camerounais reste un refuge pour les opérations illicites en haute mer, sapant les efforts de réhabilitation de sa réputation.

Boris Ngounou

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