Deux jours après la célébration de la journée mondiale de l’eau, le 22 mars dernier, Environnementales s’intéresse au nouveau rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) qui revient sur la situation hydrique en Afrique australe et de l’Est, encore alarmante aujourd’hui. Selon l’organisation internationale, entre janvier 2024 et mars 2025, l’accès insuffisant à l’eau potable dans ces régions a entraîné le décès de 2 900 personnes, dont de nombreux enfants.
Plus de 178 000 cas de choléra enregistrés en l’espace d’une année dans les régions d’Afrique australe et de l’Est. C’est le chiffre phare que nous pouvons lire dans le nouveau rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Ces différents cas ont été confirmés dans 16 pays entre janvier 2024 et mars 2025. Selon l’organisation internationale, pour l’heure, près de 2 900 personnes sur 178 000 ont déjà perdu la vie, dont de nombreux enfants âgés entre 0 et 15 ans.
«Le Soudan du Sud et l’Angola ont connu les épidémies de choléra les plus graves, en grande partie dues à un accès limité à l’eau, à l’assainissement, à l’hygiène et aux services de santé. Les enfants de moins de 15 ans représentant 50 % des cas au Soudan du Sud et 40 % en Angola», peut-on lire dans le rapport de l’Unicef, publié ce 24 mars.
L’appel lancé par l’Unicef
En outre, la consommation d’eau insalubre peut entraîner des infections et des maladies d’origine hydrique comme la diarrhée et la typhoïde, qui peuvent aussi être mortelles. Les maladies liées à l’eau et les installations sanitaires inadéquates peuvent dissuader les enfants d’aller à l’école, en particulier les filles en période de menstruation. Ce sont également elles qui ont la charge d’aller chercher de l’eau pour leur foyer.
Face à la situation hydrique qui demeure alarmante, l’Unicef demande instamment aux gouvernements et aux parties prenantes de la région d’accorder la priorité à des financements adéquats pour construire des systèmes résilients qui peuvent résister aux crises et assurer un accès continu à l’eau potable et à l’assainissement, d’augmenter les investissements dans l’adaptation au changement climatique afin d’accélérer la résilience au climat des services sociaux essentiels pour les enfants, notamment l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et de renforcer les capacités du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène pour répondre efficacement aux besoins dans les situations d’urgence.
«Grâce au soutien de nos partenaires, nous avons construit des systèmes durables qui ont permis de réduire les coûts liés à l’approvisionnement en eau de plus de 90 %. Ces investissements doivent se poursuivre, sinon nous risquons de perdre des progrès durement acquis pour toute une génération d’enfants», déclare Etleva Kadilli, directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique australe et de l’Est.
Inès Magoum